LA DESCENTE EN RAPPEL

Cette manœuvre est employée pour descendre une paroi infranchissable en désescalade. Elle consiste à fixer sa corde au sommet de la paroi en la passant à travers un ancrage, soit au milieu de la corde, soit en nouant 2 cordes ensemble par l’une de leurs extrémités, puis à se laisser glisser le long des 2 brins de corde jusqu’au point de rappel suivant.

L’origine du mot “rappel” provient du fait qu’une fois arrivé au bas de la descente, on “rappelle” sa corde en tirant l’un des 2 brins, l’autre remontant vers l’ancrage sommital pour ensuite retomber vers le grimpeur.

Un peu d’histoire…

Dans les premiers temps de l’alpinisme, lorsque le grimpeur ne pouvait pas désescalader un passage, les descentes s’effectuaient sur les cordes à la force des bras, “à bras-carrés”, sans assurage… Attachée au sommet par l’une de ses extrémités, la corde était bien souvent abandonnée sur place. Dès 1864, Edward Whymper fût le premier à avoir l’idée de placer la corde en double, pour pouvoir la “rappeler” depuis en bas. D’autres méthodes furent employées pour descendre à l’aide des cordes, au moyen de “clés” autour des pieds et des mains, ou encore comme la descente “à la valaisanne”, corps perpendiculaire à la paroi, tourné vers le bas, les cordes croisées sur le ventre et tenues ensuite dans chaque main les bras “en croix”… Fonctionne sur des dalles pas trop raides! A ne pas tenter sans entraînement, et auto-assurage impossible!!!

Hans Johannes Dülfer, alpiniste allemand talentueux et inventif, est né le 23 mai 1892 à Barmen/Wuppertal et mort le 15 juin 1915 pendant la première guerre mondiale. Durant sa courte vie, il inventa le mousqueton en 1914 (140gr. d’acier!) et les pitons… Il développa également plusieurs techniques d’escalade, dont la plus connue encore aujourd’hui est celle de l’escalade en opposition. On dit maintenant “remonter la fissure en Dülfer…”. Ce qui est moins connu, c’est qu’il est également l’inventeur de la technique de descente en rappel. Il a développé la méthode de mise place “en S” de la corde sur le corps afin de se freiner et de maîtriser sa descente en employant les 2 brins de corde, méthode que l’on peut décrire comme suit:

  • Pour un droitier: les 2 cordes sont passées entre les jambes, reviennent devant le bassin par le côté droit, croisent le corps par devant jusqu’à l’épaule gauche, passent derrière la nuque et reviennent par derrière dans le dos jusque dans la main droite. Le freinage est augmenté en ramenant la main droite vers l’avant. Il est indispensable de bien positionner la corde entre les jambes (!) et de très bien protéger la nuque contre le frottement de la corde!

Au début, il n’y avait aucun moyen de s’auto-assurer pendant la descente, et bon nombre d’alpinistes ont payé de leur vie leurs erreurs de manipulation, généralement une mauvaise mise en place de la corde sur l’épaule conduisant à la brûlure ou la paralysie… Le confort a été un peu amélioré lorsque, plutôt que de passer la corde entre les jambes, on eut l’idée d’installer un anneau de corde ou de sangle au niveau du bassin et de faire passer les cordes dans un mousqueton. La mise en place de méthode d’auto-assurage, notamment avec le nœud de “PRUSSIK”, nœud autobloquant inventé par Karl Prusik en 1931, a permis de réduire le nombre d’accidents.

Cette méthode de descente a été employée jusque dans les années 1960, période à laquelle se sont démocratisés les premiers engins de freinage, les “descendeurs”.

A peu près à la même époque sont apparus les premiers baudriers, qui ont révolutionné le confort et la sécurité. En outre, ils ont permis de fixer facilement les engins de descente.

Pierre Allain, né le 7 janvier 1904 et décédé en 2000, fut un célèbre grimpeur et auteur de nombreuses premières ascensions dans le massif du mont-Blanc, dont la face Nord des Drus en 1935 avec sa fameuse “fissure Allain”, premier passage de VIème degré dans le massif. Il est aussi l’inventeur de bon nombre d’accessoires d’escalade, notamment des premiers chaussons d’escalade, les fameux “P.A.”, du premier mousqueton en alliage d’aluminium léger (67gr.!) en 1933 , et du premier descendeur en 1943! En forme de T, avec des ergots pour maintenir les cordes en place, c’est l’un des précurseurs du descendeur en “8”.

En effet, à peu près à la même époque, un alpiniste fribourgeois, Jean Briod, passe ses vacances à La Fouly, en Valais. Il développe et forge au feu de bois son premier descendeur… Deux pièces forgées sont assemblées sur un morceau de frêne, provenant vraisemblablement d’un manche de piolet! Il pèse 376g, auxquels viennent s’ajouter 126g pour le mousqueton en acier… C’est selon toute vraisemblance l’ancêtre du tube actuel. En effet, la corde suit le même chemin que dans un tube moderne, elle ne peut pas sortir accidentellement, le mousqueton “fermant” le système. L’idée fait son chemin, et dans les années 1960, J. Briod passe à “l’industrialisation” avec Louis Grandjean, en modifiant quelque peu la forme originale. Il s’allège, 270g, le bois est remplacé par un tube en fer, et la corde ne peut plus sortir du descendeur si on la passe comme dans un “huit” moderne. Dans les années 1970, deux alpinistes et bricoleurs, Favre et Mauron s’associent pour sortir le FAMAU, copie du Briod, mais plus léger en fonte d’aluminium, 210g. Louis Grandjean et son fils Jacques ne peuvent pas ne pas réagir à ce plagia, et copient à leur tour le FAMAU en l’allégeant au passage, 105g! Mais ils ne passeront jamais à la production en série!

Il faudra attendre les années 1960 et le développement de l’idée de Pierre Allain par d’autres fabricants pour que les utilisateurs prennent confiance et que l’emploi du descendeur devienne plus populaire. (Le huit de PA ci-dessous m’a été donné par Boris Guignard. Merci à lui!)

 

rappel-Huit5Descendeur Pierre-Allain
rappel-Descendeur_FamauDescendeur FAMAU
rappel-Frein_Charlet-Moser1Descendeur Charlet-Moser
rappel-Huit1Huit classique
rappel-Huit2Huit “Heart” DMM
rappel-Huit3Huit “Vario” Mammut empêchant la “clé” accidentelle

 

Parallèlement, d’autres idées de frein voient le jour. C’est le cas du descendeur MAGNONE, conçu par Guido Magnone, grimpeur talentueux et co-fondateur de l’UCPA en France. Son idée est reprise et développée par Charlet-Moser, avec son descendeur composé d’une plaque en tôle coudée en U, qui se mettait à cheval sur un mousqueton. Le principe de la pièce mobile sur laquelle la corde vient frotter sera encore reprise par le descendeur suisse “Hans”, puis par BONAITI, et sera progressivement abandonnée.

rappel-Plaquette_StichtPlaquette Sticht

noeud-rappel-Tube,-années-1980Tube années 1980

noeud-rappel-Variable-Controller,-Wild-CountryVariable Controller / Wild Country

 

Tous les systèmes comme les tubes, plaquette NEW-ALP (France), GiGi (Italie), puis REVERSO (France), ATC (USA), SMART ALPINE (Suisse), ALPINE UP (Italie) etc, sont des dérivés de la première plaquette STICHT…Dans les années 1970, la maison Salewa sort sa plaquette STICHT, sur une idée de Franz Sticht. D’abord conçue pour une seule corde, elle est logiquement complètée d’une deuxième fente pour permettre le passage de 2 cordes: le système “plaquette” est né. C’est également le premier engin qui permette la descente en rappel et l’assurage du premier! La plaquette sera améliorée par la suite avec l’adjonction d’un ressort permettant de garder un espace entre la plaquette et le mousqueton, facilitant le coulissement de la corde pour l’assurage du premier!

 

rappel-Plaquette-New-AlpPlaquette New-Alp
noeud-rappel-Plaquette-GiGiPlaquette GiGi
noeud-rappel-Reverso-1,-PetzlReverso 1 Petzl
noeud-rappel-Alpine-Belay,-MammutAlpine Belay Mammut
noeud-rappel-Smart-Alpine-MammutSmart Alpine Mammut

 

Depuis le début des années 1990, divers projets de descendeurs plus ou moins “autobloquants” sont présentés, sans toutefois convaincre le marché.

  • EN 1994, la société ALPTECH (France) voit le jour. L’ABS est leur premier engin autobloquant, mais fonctionnant sur corde à simple. Un premier prototype de descendeur pour corde à double, idée du guide chamoniard Vincent Couttex et de l’ingénieur Hubert Boissier en 1996/97 n’aboutira pas sur le marché. Mais le guide chamoniard n’abandonne pas l’idée, et se fait aider dans ses recherches et ses développements par de nombreux collègues. Reprenant une idée de Jean-Paul Fréchin, autre guide chamoniard plein d’idées! (premier mousqueton coudé, premier mousqueton “key-lock”, inventeur de la très fameuse plaquette NEW-ALP !), l’équipe développe et sort le descendeur MASCOTT en 2010, premier descendeur autobloquant. Les cordes épaisses ne sont pas tellement compatibles, leur coulissement n’étant pas confortable. Dans sa notice d’emploi, Alptech ne déconseille pas non plus de continuer à effectuer un nœud autobloquant pour s’auto-assurer dans la descente…
  • En 2009, Mammut sort le SMART, suivi en 2011 par le SMART ALPINE, descendeur-assureur pour cordes à double. Nul n’est prophète en son pays, cet appareil rencontre un franc succès, mais hors des frontières suisses… un jour sûrement…? Absolument fiable et efficace, il n’a pas son pareil en terme de confort dans la fonction plaquette pour assurer deux seconds de cordée! Afin d’éviter le coincement des cordes plus fines, deux largeurs d’appareil sont disponibles selon le diamètre des cordes employées. La descente en rappel est aussi confortable, demandant une petite période d’adaptation à l’engin. La fonction “autobloquante” est relative en rappel, fonctionnant assez bien en début de rappel lorsque les cordes pèsent encore de tout leur poids, mais très limitée en fin de rappel, lorsque le poids des cordes est devenu trop infime. Donc l’emploi d’un nœud autobloquant est indispensable.
  • En 2012, Climbing Technology sort le ALPINE UP, engin qui présente les mêmes fonctionnalités. Efficace, mais demandant un bon apprentissage, tellement les possibilités d’introduire les cordes sont nombreuses. Il ne faut en outre absolument pas lâcher les cordes avant que le blocage ne soit effectif aussi bien dans la position d’assurage que celle de descente. Donc nœud autobloquant également indispensable.

A ce jour, l’appareil miracle qui remplisse à merveille toutes les fonctions dont on a besoin en paroi n’existe pas encore . C’est pourquoi il reste indispensable de toujours s’auto-assurer au moyen d’un anneau de cordelette et d’un nœud autobloquant. C’est encore et toujours la seule assurance-vie valable dans toutes les manœuvres de rappel, quel que soit l’appareil employé.

Techniques de rappel:

On distingue ainsi deux grandes familles de descendeurs:

  • Les descendeurs “autonomes”, sur lesquels le freinage est obtenu par frottement sur tout le corps de l’engin, type “8”
    • Avantages: très grande simplicité de mise en place des cordes, fonctionne avec des cordes gelées
    • Inconvénients: peu efficace comme système d’assurage, brûle et vrille les cordes
  • Les descendeurs combinant l’emploi d’un ou plusieurs mousquetons , type plaquette et tube
    • Avantages: grande efficacité en assurage, polyvalence au relais lorsque l’engin dispose d’un anneau de fixation au relais, meilleure diffusion de la chaleur
    • Inconvénients: grand danger si l’on “oublie” de passer une des 2 cordes (de nuit p.ex.!), passage des cordes gelées problématique pour les petits modèles

Des méthodes dites de “réchappe” existent pour pallier à la perte de son descendeur, dont les 2 plus simples:

  • La première, et la plus simple, consiste à employer un mousqueton à vis en forme de poire et d’y placer les cordes après avoir effectué le demi-nœud de cabestan, ou demi-nœud d’amarre, sur les 2 brins ensemble. Ce nœud a été inventé par Werner Munter, guide suisse. Efficace, simple, mais qui imprime à la corde une fâcheuse tendance à vriller, ce nœud nécessite un mousqueton dit HMS, ayant un côté suffisamment grand pour permettre au nœud de se retourner, ou encore un mousqueton ovale, qui peut être employé sur ses deux extrémités
  • La seconde méthode de “réchappe” nécessite au moins 3 mousquetons, que l’on va positionner en chaîne pour les 2 premiers, et le troisième en travers du 2ème. Les 2 cordes doivent passer par-dessus le côté plein du 3ème mousqueton. Un freinage plus important peut être obtenu en mettant un 4ème mousqueton parallèle au troisième, en travers. Technique efficace, mais qui demande la maîtrise de la mise en place correcte des mousquetons et des cordes. Attention à ne pas perdre le 3ème mousqueton en bas du rappel!
  • Dans les 2 cas, il est également indispensable de s’auto-assurer!

Mise en place des cordes:

Lorsque l’on veut relier 2 cordes entre elles pour profiter de leur longueur totale, on doit effectuer un noeud.

Parmi tous les nœuds connus, les nœuds de “huit” et le nœud de guide sont les plus commodes.

  • Les avantages du nœud de huit:
    • facilité à défaire le nœud, même après une forte tension
    • le nœud se positionne toujours sur le dessus lorsqu’on tire la corde, diminuant ainsi la résistance due au frottement sur le rocher, et passant par-dessus les aspérités
    • la corde a moins tendance à souffrir du frottement sur le nœud qu’avec un nœud de pêcheur par exemple
  • Les inconvénients du nœud de huit:
    • demande de bien placer les brins parallèles dans le nœud, si on veut le défaire facilement après tension
    • comme le nœud a tendance à rouler sur lui-même (à partir cependant de 500kg de traction, force jamais atteinte en rappel, puisque répartie sur les deux brins), les extrémités des cordes doivent avoir une certaine longueur de sécurité
  • Les avantages du nœud de guide:
    • facilité à effectuer
    • a moins tendance à rouler sur lui-même
    • le nœud se positionne toujours sur le dessus lorsqu’on tire la corde, diminuant ainsi la résistance due au frottement sur le rocher, et passant par-dessus les aspérités
    • la corde a moins tendance à souffrir du frottement sur le nœud qu’avec un nœud de pêcheur par exemple
  • Les inconvénients du nœud de guide:
    • plus difficile à défaire que le nœud de huit après tension
    • doit aussi avoir suffisamment de distance hors nœud

On doit donc observer les précautions suivantes:

  • Mettre côte à côte les deux extrémités de cordes
  • bien aligner les 2 brins à l’intérieur du nœud
  • effectuer le nœud de huit en prenant soin de laisser 2 largeurs de main aux extrémités à l’extérieur du nœud
  • Inutile et dangereux de refaire un deuxième nœud avec ces extrémités. La corde risquerait de se coincer plus facilement dans une fissure

Conseil futé: Pour la première mise en place des cordes, on peut passer un des brins dans le/les anneaux de rappel et nouer les cordes ensuite. Il est très important de placer le nœud du côté du rocher (entre le rocher et l’anneau si celui-ci est parallèle au rocher). Lorsque l’on va tirer la corde depuis le bas, la traction aura tendance à décoller l’anneau du rocher et à libérer la corde descendante. (Si l’on place le nœud par erreur au-dessus de l’anneau, la traction venant du bas va alors plaquer l’anneau contre le rocher et verrouiller la corde. Dans le pire des scénarios, on sera obligé de remonter pour débloquer le tout…) Dans le cas où l’anneau est perpendiculaire au rocher, la position du nœud est fonction de la direction de traction la plus avantageuse. Attention alors de décaler le brin du côté du nœud vers le bas, pour éviter que le nœud ne se mette à cheval sur l’anneau.

rappel-Rappel_sur_2_points-justeRappel sur 2 points [CORRECT]
rappel-Rappel_sur_2_points-fauxRappel sur 2 points [FAUX]
rappel-Rappel_sur_chaîne-justeRappel sur chaine [CORRECT]
rappel-Rappel_sur_chaîne-fauxRappel sur chaine [FAUX]

 

Pour effectuer les nœuds autobloquants, il est impératif de n’employer que de la cordelette, 5, 5.5 ou 6mm.Noeud autobloquant

N’employer de la sangle DYNEEMA pour cet usage que dans le cas où l’on ne dispose pas de cordelette,  elle risque de fondre suite au frottement sur les cordes si la descente est trop rapide! Avec la sangle DYNEEMA, il faut faire le Prussik triple ou le Machard en tournant au moins 5 tours. La matière DYNEEMA est très lisse et a tendance à glisser.

Il existe plein de nœuds différents, ayant tous pour fonction de se bloquer sur la/les cordes en cas de forte traction. Les plus couramment employés pour l’auto-assurage en rappel sont:

Le Prussik et le Machard

Certains grimpeurs pensent pouvoir se dispenser de l’auto-assurage pour assurer la descente du/des second(s) de cordée. Il est en effet possible de contrôler la descente depuis le bas en tirant sur les 2 cordes. Cette manœuvre peut toutefois s’avérer peu sûre, dans le cas où le grimpeur qui descend viendrait à décrocher un caillou qui tomberait sur celui du bas… Donc il est préférable que chaque grimpeur soit maître de sa descente, ne serait-ce que d’un point de vue pédagogique.

Lancer les cordes:

Lors de la mise en place des cordes dans l’ancrage, il peut être utile de les amarrer provisoirement au relais avec une queue de vache, pour éviter de les perdre avant le premier lancer!

Il est recommandé de lancer les cordes séparément, afin de leur éviter de s’emmêler. Préparer la corde dans la main en faisant de grandes boucles et lancer.

Mise en place de l’autobloquant et du descendeur:

2 possibilités s’offrent pour la position de l’autobloquant: une au-dessus du descendeur, l’autre en-dessous du descendeur.

Autobloquant au-dessus du descendeur

    • Avantages:
      • intéressant au cas où l’on doit remonter sur son rappel
    • Inconvénients:
      • l’autobloquant a tendance à se serrer à fond sous le poids du grimpeur. Il peut être impossible à débloquer si les cordes sont mouillées ou gelées!
      • une seule main contrôle la vitesse, l’autre étant occupée au-dessus du descendeur à faire coulisser l’autobloquant
      • ne permet pas une mise en place confortable du descendeur sur les cordes
      • peut compliquer le départ du rappel

 

Autobloquant en-dessous du descendeur

  • Avantages:
    • permet de conserver les 2 mains en-dessous du descendeur, et donc de participer ensemble au freinage
    • l’autobloquant ne se serre jamais à fond, le poids du grimpeur étant reporté en priorité sur le descendeur
    • facilite la mise en place du descendeur sur la corde
    • facilite le départ du rappel
  • Inconvénients:
    • ne permet pas de remonter directement sur les cordes en cas de nécessité

Conseil futé: Pour mettre en place les cordes dans le descendeur, commencer par soulager le poids des cordes, en mettant en place le nœud autobloquant sur la corde et en le fixant au bas du pontet du cuissard avec un mousqueton de sécurité. Remonter ensuite d’environ 50cm les 2 brins de corde, en faisant coulisser simultanément l’autobloquant vers le bas. Les cordes sont alors retenues par l’autobloquant, et peuvent facilement être mises en place dans le descendeur, qui viendra ensuite fixé au pontet par l’intermédiaire d’une longe, elle-même attachée au-dessus de l’autobloquant dans le pontet.

Avant le départ en rappel:

  1. Contrôler la position des cordes dans l’ancrage
  2. Contrôler le nœud de liaison des 2 cordes
  3. Contrôler l’emplacement du nœud de liaison
  4. Contrôler le nœud autobloquant et son mousqueton
  5. Contrôler la position du descendeur et de son mousqueton
  6. Retirer sa longe d’auto-assurage et clipper celle-ci sur la corde que l’on devra tirer depuis en bas (mnémotechnique)

Après le départ et pendant le rappel:

  1. Contrôler le bon emplacement de la corde sur le rocher, éviter les angles vifs! La corde sous tension est plus vulnérable, et les angles ou les fissures vont aussi compliquer le tirage de la corde depuis le bas
  2. Contrôler le bon emplacement de la corde tout au long de la descente, éviter de laisser les cordes dans les fissures ou sur les angles vifs

En bas du rappel:

  1. Avant de se pendre au relais suivant, CONTRÔLER LA SOLIDITÉ DU RELAIS, au besoin renforcer ou remplacer les anneaux de sangle ou de corde déjà en place, retaper les pitons, resserrer les plaquettes si elles bougent, renforcer le relais avec un coinceur ou une vis à glace selon le terrain
  2. Fixer la corde que l’on devra tirer vers soi (mnémotechnique)
  3. S’auto-assurer immédiatement au relais, si besoin relier les points du relais
  4. Libérer le descendeur
  5. Conserver l’autobloquant sur les cordes en prenant 1 ou 2 mètres de mou (redondance de sécurité, permet d’être doublement assuré sans déranger la descente du co-équipier et permet de conserver les cordes sous la main pour aider son coéquipier dans les descentes désaxées ou surplombantes)
  6. Vérifier le bon coulissement des cordes, afin que le grimpeur resté en haut puisse encore modifier la position des cordes au niveau du relais si nécessaire
  7. Avertir son co-équipier: “Gaston, cordes libres!”
  8. Préparer la suite de la descente, en introduisant déjà le brin que l’on va tirer dans l’ancrage et en anticipant la position finale du nœud

Tirer le rappel:

  • Après avoir passé le brin que l’on doit tirer dans l’ancrage, mousquetonner l’autre brin dans une dégaine au relais, sans l’attacher. Cela permettra le cas échéant de maîtriser sa remontée, en soulageant son poids, de retirer sur le brin montant si la corde se coince, de secouer les cordes si nécessaire, de contrôler enfin qu’il n’y ait pas de nœud sur la corde montante
  • Lorsque l’on sent que la corde commence à coulisser d’elle même dans l’ancrage du haut, il est parfois utile de donner une traction plus vigoureuse pour décoller l’extrémité de la corde et lui permettre de se dégager de la paroi au lieu de couler et de risquer de se coincer autour d’un bloc ou dans une fissure
  • Se protéger la tête contre les blocs pouvant être détachés par la corde, et également contre l’extrémité de la corde qui tombe en principe d’une hauteur de 50m ou 60m, et qui peut couper la peau du visage!

Bonnes descentes!