La longe de via ferrata doit remplir 2 normes, soit la norme EN 958 et la norme UIAA 128.
Depuis 2012, suite à l’accident du Tyrol et aux essais effectués après sur les longes à frein à corde usagées, la norme UIAA 128 exige également des tests de fatigue du matériel.

http://www.sac-cas.ch/fr/service/medias/medien-aktuell-detail.html?tx_ttnews%5Btt_news%5D=2357930

Les mousquetons montés sur la longe de via ferrata doivent avoir la norme K ( pour « Klettersteig » en allemand). Ils doivent avoir notamment une ouverture suffisamment grande , soit au moins 25mm, pour pouvoir être crochés par-dessus les gros barreaux. Ils doivent aussi être équipés d’un système de fermeture rapide et sécurisée à deux mouvements, et résister à une charge minimale de 25KN, soit une force d’impact de 2500 kg. Il n’existe par contre pas encore à ce jour de norme pour la résistance contre un choc en « porte-à-faux », cas de figure rencontré lorsque le câble est monté tendu entre deux broches. Cependant, des essais avaient démontré que certains types de mousquetons pouvaient casser à partir d’un choc de 5kN, et d’autres résister à des chocs atteignant 12kN. En principe, plus la section du mousqueton est épaisse, meilleure en sera la résistance.

La norme En 958 pour les longes de via ferrata stipule que la force d’impact d’une chute de 5m de hauteur doit être réduite de façon à ce que le corps n’ait pas à supporter un choc supérieur à 6kN, et au maximum 12kN pendant 0.2sec. Toute force supérieure risque d’entraîner des blessures graves, voire la mort.

Des tests effectués en 2010 déjà par le DAV ont démontré que l’énergie engendrée par la chute d’une personne en-dessous de 50kg n’était pas suffisante pour garantir un fonctionnement efficace du système. En effet, en bout de course de la chute, le corps humain se déforme et absorbe à travers cette déformation une partie importante de la force d’impact générée par la chute. Dans le cas de la chute d’un corps pesant en-dessous de 50kg, l’énergie résiduelle après déformation du corps n’est ensuite plus suffisante pour déclencher le système de freinage, et la force d’impact totale de la chute doit ainsi être encaissée par le corps de la personne. Cela représente donc un risque très important de blessures et/ou de rupture du matériel.

Dans le cas d’une personne dépassant 100kg, la situation est inversée. Le frein va fonctionner, mais la réserve de sécurité du « chemin de freinage » risque d’être trop courte en bout de chute, et le système pourrait défaillir et/ou le choc en bout de course être traumatisant.

KICX1128

Lorsqu’un enfant est emmené en via ferrata, on lui fera évidemment employer une longe de via ferrata pour qu’il en fasse l’apprentissage et qu’il puisse être retenu en cas de pendule dans une traversée. Mais en même temps, il devrait toujours être contre-assuré au moyen d’une corde. En effet, au souci évoqué plus haut d’un poids insuffisant pour déclencher le système de frein, s’ajoute celui de la capacité de concentration de l’enfant. Passées les vingt minutes de concentration bien connues dans l’enseignement, l’enfant commence à rechercher d’autres sujets plus attrayants, et lorsqu’il est engagé dans un parcours requérant en principe un temps bien plus long, il risque d’effectuer des fausses manœuvres, comme de détacher les 2 mousquetons en même temps par exemple… Il y a déjà eu souvent ce genre d’incident, et malheureusement aussi un accident qui s’est soldé par une chute mortelle en 2013 chez un enfant non-encordé… Cependant, en cas de méconnaissance des techniques d’assurage avec une corde, l’adulte se placera directement derrière l’enfant, pouvant ainsi le retenir immédiatement en cas de glissade, et pouvant aussi contrôler les manœuvres de mousquetonnage de l’enfant.

Mais dans les trois situations décrites plus haut, l’emploi supplémentaire d’une corde est donc vivement recommandé.

http://www.visinand.ch/via/2011_06_07%20Poids%20plumes.pdf